Bethsabée recevant la lettre de David

                                                                                  Bethsabée recevant la lettre du roi David

Jan STEEN, Bethsabée recevant la lettre du roi David entre 1659 et 1660 huile sur panneau, 41,5×33 cm collection privée

Rappel historique.

Alors que la Bible nous présente David comme un « roi selon le cœur de Dieu » (1er livre de Samuel 13,14), non seulement il va ici s’approprier Bethsabée, la femme d’Urie, général de son armée, lui faire un enfant, vouloir faire croire au général qu’il est le papa et finir par le faire tuer pour couvrir sa faute. Malgré ce meurtre, le renom de David reste intact pour Israël [1]

Placée au premier plan, Bethsabée est vêtue d’une robe richement détaillée qui contraste avec la pénombre de l’intérieur, soulignant ainsi son importance dans la scène. Une femme âgée, peut-être une servante ou une confidente, désigne Bethsabée et la lettre de David qu’elle vient de recevoir ;

David notre roi musicien a du goût, il a déjà croisé Bethsabée, l’a trouvée belle et pour le dire en langage biblique, il veut la connaître. Le moment représenté est celui où elle reçoit la lettre où le roi lui manifeste son désir. La gravité de son regard trahit sa perplexité ,trompera-t-elle son mari ? La servante qui est dans la confidence la questionne, Bethsabée tourne la tête et ne répond pas. Steen nous montre le visage de Bethsabée de face. On y lit que sa décision est prise, elle se soumettra au désir royal.  Le palais du roi que l’on aperçoit par la fenêtre est tout proche.

Le lit à baldaquin noir aux rideaux noirs indique que c’est là que sera commis l’adultère. On connaît l’histoire, il la connût et même il l’engrossa. Il fit même assassiner le mari encombrant.

Les personnages sont représentés en pied. La palette des couleurs utilisées pour le vêtement de la dame va du rouge au blanc en passant par le jaune orangé du haut. La lumière qui éclaire la scène est frontale. Même la robe noire de la servante est lumineuse. Le lit à baldaquin presque noir se détache sur une tenture qui joue sur des teintes brunes.

La table la chaise et la canne sont dans des teintes plus claires.

Il y a sur ce panneau un beau jeu d’ombre et de lumière qui confère à la peinture une atmosphère à la fois contemplative et dramatique. On notera le rendu précis des textures et des étoffes qui témoigne de la grande maîtrise technique de Jan Steen.

On classe le tableau parmi les œuvres religieuses ! certainement parce qu’on a affaire à des personnages bibliques. Pourtant ce qui est représenté n’a rien de religieux.

[1] Livre de Samuel ch 11,1-13 et14-27

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